un dahu en Inde


Le meilleur moment de la journée


 

Tous les jours depuis bientôt 2 mois je vois le jour se lever à 7 heures du  matin, avec + ou - 10 minutes de délai. Tout dépend de la quiétude, très  relative des nuits à Calcutta. Notre communauté de quartier ayant embauché  des gardes népalais qui veillent à la sécurité des habitations… avec une  technique proche de celle de nos bergers : coups de bâtons au sol et  sifflements stridents ; en gros ça veut dire que tout va bien. Et c'est  exactement à 23h et 3h du matin qu'ils entrent en scène ; après une  discussion compliquée à coup de langage des signes -un soir de ras le bol-  je crois avoir presque réussi à leur faire comprendre qu'ils m'empêchaient  un peu beaucoup de dormir. A défaut de résultat, ça a au moins eu le mérite  d'être une situation plutôt comique !  Soit...C'est donc l'heure de se lever.

Après ma demi heure de contorsions gymnastycodiale -j'ai dû gagner dans les  5% de souplesse, c’est un début - c'est le moment tant apprécié du café  (indien, mais café quand même) sur ma petite terrasse privée. Toutes sortes  d'oiseaux gazouillent sur les cocotiers, les écureuils grignotent des  légumes sur le toit des voisins, le vieux monsieur d'en face est déjà à son  poste guettant les premières aventures de la rue.

 

Et c’est le début du défilé de  mes copains les commerçants. Y'a Raoul le maraîcher et son vélo chargé de  légumes et fruits de tous genres, Polo qui file tous les matins avec une  quinzaine de  poules à son guidon, Isidore le laveur de voitures qui nous  cligne tous les pare-chocs du quartier, incroyable mais vrai : Jean Claude  et Bill du  ramassage des ordures, Gopal notre ami maestro du tabla qui  vient ouvrir sa porte tous les matins en caleçon, le mini van de ramassage  scolaire avec 20 mouflets qui braillent des cantines indiennes, suivis peu  de temps après par les ouvriers de la ville qui enchaînent des heures  colossales, en plein soleil, à la réfection des égouts du quartier, avec des  moyens du bord parfois déroutants (style perceuses à 4 mains ou treuil à  poulie rouillée). Je leur ai pas encore trouvé de petits noms ... et j'en  oublie, tellement la liste s'allonge chaque jour ! Et moi, de mon petit coin  ensoleillé je contemple ce petit monde en ébullition de si bonne heure… en  chantant mes rythmes avant de commencer ma journée d'ermite les doigts au  labeur. La journée commence.

Je voulais vous faire partager ce quotidien très particulier. Une amie en  France m'avait conseillé avant de partir de tenter l'aventure tôt le matin  dans les rues à peines éveillées de l'Inde. Brigitte, j'y ai pris goût.

Bon, sinon les dernières nouvelles des français en Inde : on a testé hier  soir les bars disco de Calcutta. On a goûté à la jet set indienne. Sympa  pour un soir. Surtout après avoir rencontré des compatriotes nancéens.  Mélanie nous a payé l'apéro le plus wonderful de notre vie à coup de  sauciflard envoyé par sa maman (avec du chocolat.;), Aurélien  organise des puja privées pour un couple de fourmis qu'il a domestiqué à  coup de sacrifices de moustiques ; on est resté scotché devant un duo  sitar/tablas (encore et encore. On peut quasiment voir un concert par jour  ici bas.). et ce soir on part à la mer !!!! Je quitte mon vieux short  couvert de talc et direction Puri-playa, les doigts de pieds en éventail.  Promis on pense à vous. Et un peu à nous aussi pour le coup ; sachant  et oui malheureusement que mes deux compères m'abandonnent dans une semaine.  aaaaaahhhh je vais être tout seul. Enfin y'aura toujours Raoul, Isidore,  jean Claude et Bill. Ouf !

 


Albums photo : India Act 1&2 | India Act 3 (Nepal)


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