un dahu en Inde


le Bollywood ou comment redécouvrir le cinéma


                   

                     

Raj Mantar cinéma, Jaipur, Rajasthan, l'une des plus célèbre salle de cinéma d'Inde... et on comprend rapidement pourquoi dès le seuil franchi. A mi chemin entre Walt Disney et un énorme gâteau à la crème, la place est d'un kitch à tomber à la renverse, on s'imagine dans le conte de hentzel et gretel... l'auditorium ressemble à une grosse meringue, les colonnades sont un mélange de chantilly et crème anglaise; d'entrée ça ouvre l'appétit...

A guichets fermés  pour les 4 séances quotidiennes, il faut jouer des coudes pour obtenir un billet tout en admettant d'entrée l'attraction publique dans la file d'attente. Ben oui: la première question des indiens fut bien de s'enquérir si je parlais hindi. L'incrédulité qui suit ma réponse laisse place aux sourires et crée rapidement des contacts et l'échange d'e-mails avec les nouveaux amis du jour!Passée l'hallucination du lieu, il est temps de prendre place dans ces délicieux fauteuils qui s'inclinent comme des transats. Le nez presque collé à l'immense écran (les places les moins chères sont les plus appropriées pour myopes et malvoyants...) je savoure d'avance l'idée de rien caler! Le film "Viva" est un pur produit de Bollywood, comédie musicale, entre 'Santa Barbara', 'la p'tite maison dans la prairie' et 'Hélene et les garçons', de l'amour à profusion, de l'amour et encore de l'amour, de longs regards transits, des larmes de crocodiles, des sourires mentholés, une actrice indienne à couper le souffle (qui depuis partage mes nuits)...bref le film à diffuser dans les maisons de retraites françaises! Hé bien figurez vous mes bons amis que j'ai adoré l'histoire, absolument tout compris (les acteurs indiens ont tellement travaillé les expressions de visage que finalement y a plus besoins de mots) et faillit verser une larme au milieu de l'histoire (soit au bout de 1h30) lorsque -inattendu rebondissement- l'héroïne échappe de peu à la crémation dans une maison en feu!

 

 

Hormis l'histoire c'est aussi l'ambiance de la salle qui est enivrante, les spectateurs applaudissent lorsque les lèvres se rapprochent à l'écran (sans jamais se toucher, pudeur indienne oblige!); parfois hurlent de dépit, lorsque la méchante belle mère veut empêcher le mariage; ou tout bonnement contemplatifs comme ce petit monsieur barbu au sourire béat et regard d'enfant juste à mes côtés. Comme notre belle Amélie Poulain j'ai passé une partie du film à regarder mes congénères savourer plans séquences, travellings maisons et les nombreuses scènes de danse et musique qui jalonnent le récit. On est vraiment très loin de la séance de caméo où on ronchonne dans son coin parce que le voisin de devant a eu la bonne idée d'acheter du pop corn, ou que des chutt excédés viennent ponctuer une sonnerie impromptue du spectateur gêné de ne pas avoir éteint son téléphone. En Inde le spectacle est autant dans la salle que sur la pellicule, on peut appeler sa mère pour lui décrire le film, passer sans complexe devant l'écran pour aller se soulager d'un surplus de chai ou tout simplement danser sur sa chaise quand la B.O. dévoile ses airs de dance floor! je crois bien que ça va rester l'un des moments les plus dingues de mon séjour en Inde .

 

 

Et la preuve en est que le cinéma est finalement bien l'art du rêve, car sorti de séance, le contraste te "claque à la gueule" (désolé pour la familiarité... mais c'est la meilleure expression), où sont donc les rues nettoyées au karsher, les beaux costumes sans faux plis et tous ces gens qui, quelques minutes plus tôt, dansaient à chaque coin de rue? Il est du coup facile de comprendre pourquoi les indiens sont si friands de cinéma... allez promis, j'achèterai quelques dvd et on se fera des soirées bolywood! avis aux cinéphiles...

 

 


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