un dahu en Inde


la klaxonnimanie


 

      23 janvier, Kolkata, Behala, Senhati Colony… un soleil estival, un jus de mangue,                        et une ambiance définitivement unique :

 

          

 

Une polyphonie bengalie mêlant les exclamations politiques d’un commentateur communiste aux encouragements sportifs des aficionados de cricket, qui battent la balle inlassablement au milieu d’un trafic continu de rickshaw, badauds, vendeurs ambulants ou voisins s’interpellant de toits à balcons. Une partition souvent soulignée du dernier tube bollywood scandé par les hauts parleurs du quartier (et quand les bengalis kiffent une chanson, il le font savoir jusqu’à tu en connaisses la moindre parole), ou du chant communicatif d’oiseaux exotiques (mais faut étre attentif).

Une polyrythmie de tablas qui résonne depuis les chambres de mes compatriotes « gurubhai »  von 45/75/59/88 (tous, suivants l’enseignement de Pandit Shankar Ghosh, notre Guruji), décomplexée (va-t-on déranger tout ce joli monde ?) par les roulements frénétiques d’un voisin, batteur en devenir. Et encore le passage régulier de fanfares municipales ou de musiciens Bauls en route vers une Puja de quartier.

                Mais surtout : une hiérarchie continue de klaxons et sonnettes dont je m’amuse à inventorier les causes et conséquences à chacun de mes séjours ici. Après une étude approximative (3 fois 1 minutes par jour à heures régulières sur une semaine) de 6h à 22h et en prenant en compte les 3 heures de sieste quotidienne du quartier, cela nous fait un taux moyen de 8,6 coup d’avertisseur/min ; soit 516/heures…5676/jour…170280/mois…pour un total auriculaire final pour 4 mois de 681120 coups de klaxons en tous genres (+ ou moins lointain; en fin de vie; avec délai; mélodie; fade out; ou -et ce sont les pires- tout juste sortis d’usine)… Mais, nous vivons dans un quartier calme !! On pourrait faire une autre étude à Gariahat ou Rashbehari crossings, mais en comptant plutôt le nombre de silences à la minute...

 

     kolkata raga depuis mon balcon

 

        Et, bizarrement, c’est ce qui fait le charme de mon petit coin de vie ou j’ai aimé retrouver hochements de têtes et saveurs sucrées. Même si les premiers jours donnent l’impression de vivre dans un flipper, c’est ce rapport à la vie incessante et au fourmillement d’énergies qui donnent une bonne partie de son envoutement à l’Inde. On a rigolé une nuit à s’extasier sur des marquages au sol qui après réflexion, n’était pas novateurs ; seulement invisibles en journée lorsque la circulation fluviale occupe les routes. Moi l’Inde, je l’aime bruyante quitte à y gagner quelques acouphènes !

 

   

les stautes de puja couvertes de chaudes couvertures pour affronter l'hiver

 

Je suis donc bel et bien de retour chez les moustachus, logé dans la très chouette Milanda Family dont voici une description généalogique.En haut des branches roupille Dadu le grand pére un peu sourd et peu causant sauf quand vient les heures de repas. Sa femme Bilama qui régne sur la maison et nous chouchoutte comme une mama italienne (khao! mange... auquel il faut savoir répondre pet boretché ventre plein si on ne veut pas manger deux fois son poids en riz). les Mashi tantes qui partagent leur temps entre la confection des repas et des siestes vigoureuses au soleil. Puis vient les hommes de ses dames: Milanda (le fiston de Bilama et Dadu), notre hote, irréprochable d'hospitalité et de serénité, qui se touche religieusement les oreilles lorsque de mauvaises actions ou pensées franchissent le pas de sa porte. Sur la même ramification viennent s'ajouter Baudi (Milanda), Rupa (Shakti ) et Djumpa (Tapash). Tisha serait la fille de Djumpa et Taposh, Priyanka aurait été adoptée pendant son enfance et nous enquétons toujours sur Tchandon qui partage égalemment notre quotidien. Puis c'est au tour de Shonou la petite princesse des lieux qui nous couvre de dessins et calins. Enfin vient, au pied de l'arbre, mais haut perchée dans nos coeurs la gentille servante  Coni que l'on appelle affectueusement  Didi (soeur) à chaqun de nos passages prés de la cuisine ou elle officie de 6h du matin à 11 de l'aprés midi. Bien evidemment Gopal(ou) -et son vocabulaire francais de plus en plus délicat- est souvent dans les parages.

 

 

 

          Les femmes de la maison semblent trés curieuses de nous voir en cuisine. Si vous avez des idées de plats franchouillards végétariens à préparer sans four pour 16 personnes, nous sommes preneurs! 

         Voila, hormis une perte aérienne de ma carte de crédit (quand on est con…on est con), les grandes claques dans le dos de Bilama si on ose débarrasser les assiettes et un rhume traditionnel de bienvenue (à chacun sa tourista), tout va bien à Kolkata, Behala, Senhati colony en ce 23 janvier. 

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